| Auteur de l'oeuvre : |
Boucher Alfred (sculpteur)
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| Références de publications : |
Piette, Jacques, Alfred Boucher (1850-1934). L'oeuvre sculpté, catalogue raisonné, Mare & Martin, 2013.
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| Catégorie technique : |
sculpture;marbrerie
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| Commune forme index : |
Caulaincourt
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| Copyright : |
© Monuments historiques
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| Année de creation : |
1890
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| Dénomination : |
statue
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| Description : |
Marbre blanc veiné de gris ; socle en pierre marbrière, type calcaire de Tournay, de couleur bleu-noir. La statue est de grande dimension : environ deux mètres.
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| Dimensions : |
h = 100 ; l = 196 ; la = 83,5
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| Date de la derniere mise a jour : |
2024-06-25
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| Date de création de la notice : |
2015-09-01
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| Domaine : |
Sculpture
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| Date et typologie de la protection : |
2015/03/23 : classé au titre objet
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| Cadre de l'étude : |
liste objets classés MH
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| Historique : |
Sculpture réalisée vers 1890. Les circonstances de la commande au sculpteur Alfred Boucher (1850-1934), une vingtaine d'années après le décès de la duchesse, ne sont pas connues. En 1896, l'artiste offrit le plâtre au musée de Troyes (Inv 896.6.6 ; RE 379) ainsi qu'une partie du fond de son atelier. La statue figura au salon de 1894 sous le n° 2815. Elle a probablement été commandée par les enfants de la duchesse. C'est une simple hypothèse car nous ne disposons d'aucune documentation sur les conditions de la commande à l'artiste, entre le décès de la duchesse en 1876 et l'exposition et la mise en place de la statue vers 1895-1896. Néanmoins, les analyses conduisent, par comparaison, cette oeuvre vers les oeuvres de sculpture et de peinture du Premier Empire. En effet, elle peut être rapprochée, dans la figuration, à la Vénus Borghèse de Canova, mais aussi, d'un point de vue pictural et pour l'attitude générale, au portrait de Madame Récamier peint par Jacques-Louis David ainsi que celui de l'impératrice Joséphine de Pierre-Paul Prud'hon qui avait réalisé le portrait de la duchesse. Un portrait de la duchesse par le même peintre figurait avant 1917 dans le château de Caulaincourt. Le tableau de Prud'hon représente la duchesse âgée d'environ vingt ans. Alfred Boucher connaissait sans doute ce tableau ou un autre équivalent, dont il se serait inspiré pour représenter la duchesse, qu'il n'avait pas pu connaître de son vivant, en 1890. Après la destruction du premier château de Caulaincourt, dynamité par les Allemands en 1917, avec toute sa documentation et ses archives, il a été reconstruit entre 1930 et 1933 par l'architecte russe André Beloborodoff. Aucune documentation ne subsiste de la chapelle funéraire nommée improprement mausolée qui jouxte le cimetière du village. Elle a été construite pour abriter, dans un premier temps, le monument funéraire de la duchesse de Vicence, décédée en 1876. Cette construction daterait donc de 1876 et probablement des années qui ont suivi immédiatement. L'intérieur du bâtiment se présente comme une grande chapelle, dans laquelle se trouve le monument funéraire, composé de la statue et d'un certain nombre d'épitaphes qui identifient les défunts, le premier de la série étant celui de la duchesse de Vicence : Ici repose Madame Hervé Louise Adrienne de Carbonnel de Canisy, marquise de Caulaincourt, duchesse de Vicence, dame des palais de leurs majestés les impératrices Joséphine et Marie-Louise, fille de très haut et très puissant seigneur François, René Hervé de Carbonnel vicomte de Canisy, colonel de reine cavalerie (sic) et de très haute et très puissante dame Anne Marie Charlotte de Loménie de Brienne guillotinée en même temps que madame Elisabeth, vicomtesse de Canisy, née à Paris le 5 février 1785 et décédée à Paris en son hôtel le 21 mai 1876. Louise Adrienne de Carbonnel de Canisy (1785-1876) a été mariée deux fois, la première à l'âge de treize ans à son propre oncle, avec lequel elle eut deux enfants et dont elle garda le nom Carbonnel de Canisy, mais dont elle divorça grâce à la Révolution française. S'ensuivit une grande histoire d'amour avec le marquis de Caulaincourt, qu'elle put épouser en 1814, contre la volonté de Napoléon. Cela n'est pas anecdotique, car le marquis de Caulaincourt était une figure majeure, tout comme son frère, de l'épopée napoléonienne. Le marquis Armand de Caulaincourt, duc de Vicence, 1773-1827, exécuta de nombreuses missions diplomatiques en Russie pour l'empereur, puis devint aide de camp de Napoléon en 1802, fut nommé général en 1803, duc de Vicence en 1808 et enfin pair de France. Il décéda en 1827 et fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. La statue en marbre blanc veiné de gris est de grande qualité. Etudiée par Jean-Claude Druène, conservateur délégué des antiquités et objets d'art de l'Aisne, cette statue, ni signée, ni datée, est attribuée au sculpteur Alfred Boucher, qui a connu une grande carrière officielle entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Cette oeuvre est relativement bien documentée dans ses grandes étapes. La tête de la sculpture est en très bon état sauf une petite épaufrure sur le nez, mais qui ne défigure pas le visage qui est idéalisé (ce qui est propre à l'exercice) et fait référence à la jeunesse constante et à la beauté de la duchesse, réputée comme étant la plus femme de son temps. A l'extrême beauté du modèle, le sculpteur ajoute une forme de revendication de réalisme, une partie de son oeuvre se rattachant à ce courant. Admiré pour ses qualités formelles et pour sa finesse de taille, Alfred Boucher travaillait beaucoup en taille directe et avait peu recours à des praticiens secondaires.
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| Lien vers la base Archiv MH : |
https://archives-map.culture.gouv.fr/archive/recherche/simple/n:19?RECH_S=PM02002595&RECH_DocumentsNumerises=0&Archives.RECH_Valid=&type=simple
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| Matériaux : |
marbre : taillé
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| Précision sur la dénomination : |
statue du monument funéraire
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| Précision_sur la protection : |
Arrêté de classement n° 011. Commission départementale des objets mobiliers 04/06/2013. Commission nationale des monuments historiques 21/10/2014. Inscrit par arrêté du 25/09/2013.
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| Précision_sur la representation : |
La duchesse de Vicence est à demi couchée, de côté, sur un lit de repos. Représentée dans sa jeunesse, comme une belle femme, vêtue selon la mode Empire, elle est pensive et tient un livre de la main droite.
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| Typologie de la protection : |
classé au titre objet
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| Indexation iconographique normalisée : |
femme;couché sur le côté;livre;lit
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| Siecle de création : |
4e quart 19e siècle
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| Sources d'archives et bases de donnees de reference : |
Anita Oger-Leurent (conservateur des Monuments Historiques de Picardie) ; Jean-Claude Druesne (conservateur délégué des antiquités et objets d'art de l'Aisne)
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| Statut juridique du propriétaire : |
propriété privée
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| Commune forme editoriale : |
Caulaincourt
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| Typologie du dossier : |
dossier individuel
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